Une fois n'est pas coutume, les Jeunes Radicaux de Gauche (JRG) sont choqués par l'attitude de la droite parfois qualifiée de "républicaine" depuis la premier tour des élections législatives.
Bien que le "ni-ni" ne soit pas la manifestation flagrante d'un immense courage politique, ce n'est pas tant le non-choix adopté par le bureau politique de l'UMP qui interpelle mais les initiatives personnelles de certains de ses membres qui semblent s'être trompés de formation depuis trop longtemps.
Ainsi, la toute récente ex-ministre Nadine Morano clame haut et fort que "les électeurs du FN partagent [ses] valeurs". La députée UMP du Tarn-et-Garonne Brigitte Barèges, par ailleurs notoirement homophobe, se déclare "ravie" que Marine Le Pen ait une chance d'accéder à l'Assemble nationale. L'UMP Roland Chassin, candidat dans les Bouches du Rhône, se désiste pour faire barrage au Parti Socialise. Son collègue Etienne Mourrut, député sortant du Gard, hésite à faire de même.
L'on pourrait multiplier les exemples mais de peur de lasser le lecteur, arrêtons-nous ici : la rupture semble être définitivement consommée entre le centre droit républicain et l'aile droite de l'UMP, qui n'a plus grand chose à envier au Front National, validant du même coup la stratégie de pseudo-dédiabolisation de ce dernier. Alors que la droite se prépare à constituer l'opposition pour la première fois depuis 10 ans, ce déplacement n'est pas nécessairement de très bonne augure pour le débat parlementaire. Il serait bon que les réformes essentielles qui vont être adoptées en cette période de crise soient élaborés par des élus plus soucieux de l'intérêt général que de l'origine sociale, ethnique, ou encore de l'orientation sexuelle de leurs citoyen(ne)s. Tout aussi grave, cette division de la droite est à même de placer Marine Le Pen en orbite pour les futures échéances électorales.
Les JRG n'auraient certainement pas l'outrecuidance d'appeler les chiraquiens, gaullistes ou villepinistes -si tant est qu'ils existent- à se révolter contre leur désintégration programmée ou à venir grossir les rangs de la gauche parlementaire. Ils souhaitent simplement condamner fermement la dérive extrême-droitière de l'UMP dont on a vu les prémices en 2007, qu'on a vu grandir entre les deux tours de la présidentielle et qui arrive aujourd'hui à maturité au moment de composer la future Assemblée nationale.
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