Les propositions, ce ne sont pas seulement Nicolas Sarkozy, François Bayrou, François Hollande ou Marine Le Pen qui en ont. Les jeunes aussi se sentent investis dans l’élection présidentielle, et ils ne manquent pas d’idées pour remédier aux difficultés des français, et notamment de leurs semblables.
De l’emploi à l’éducation en passant par l’égalité des chances, la précarité qui touche les jeunes a été fortement soulignée par les représentants des différents partis présents lors d’une conférence-débat, organisée mardi 21 février à Lille 2 par l’association Droits pour tous, en partenariat avec Nord Eclair. Les jeunes invités politiques ont proposé différentes issues face aux problèmes que la jeunesse rencontre, devant un amphithéâtre bondé.
Wandrille Jumeaux (Jeunes écologistes) envisage des solutions ancrées dans un modèle social alternatif caractérisé notamment par « une économie sociale et solidaire », c’est-à-dire le partage du travail afin de garantir un emploi à chacun. Pierrick Annoot (Jeunes communistes) a lui aussi déclaré que « la question des jeunes doit s’inscrire dans un projet global ». Il a proposé la mise en place d’une allocation d’études ainsi qu’une allocation au premier emploi. Représentante des idées de François Hollande du fait de l’absence du Mouvement des Jeunes Socialistes, Sandra-Elise Réviriego (Jeunes radicaux de gauche) a défendu le contrat de génération du candidat socialiste. François-Xavier Pénicaud (Jeunes démocrates) a souligné l’importance de l’éducation et du développement de la formation tout au long de la vie. Pour sa part, Julien Rochedy (Front National de la jeunesse) a plaidé pour la fin du « mondialisme et de l’Euro afin de reprendre le pouvoir sur notre monnaie » et « sortir la France du déclin qu’elle connaît depuis 30 ans ». Benjamin Lancar (Jeunes populaires) a insisté sur le bilan positif du quinquennat de Nicolas Sarkozy durant lequel « toutes les réformes menées ont eu des bénéfices pour les jeunes ». Il a ensuite poursuivi avec des propositions concernant notamment l’alternance, l’apprentissage et le service civique.
Des jeunes impliqués dans les questions politiques
Face à ces jeunes politiques qui se sont positionnés et ont fait des propositions, les étudiants présents à Lille 2 ne sont pas restés sans voix. Ils ont parfois applaudi les interventions des invités, comme celle de Wandrille Jumeaux qui a dissocié « la politique avec des valeurs que font les écologistes et la gauche, de la politique politicienne que fait l’UMP ». D’autres propos ont aussi été hués, notamment lorsque Julien Rochedy a évoqué une dislocation « des relations sociales et fraternelles en France due à la création de communautés » et qu’il a affirmé « qu’un jour nous arriverons au pouvoir car les patriotes arrivent toujours au pouvoir. Avec le déclin vous voterez pour nous ».
Après les 10 minutes de parole qui leurs étaient accordés, chacun des participants s’est prêté au jeu du débat. Critique sur le bon fonctionnement du 10ème mois de bourse (réforme menée par Nicolas Sarkozy), questionnement sur le mariage gay ou remise en cause du bilan de la présidence de Nicolas Sarkozy, de nombreux thèmes ont été soulevés à la fois par le public comme par les représentants des six partis présents. Lors de ce débat, les uns ont montré l’intérêt de la jeunesse pour les questions politiques qui les concernent, les autres ont prouvé que des réponses pouvaient être apportées par de jeunes politiques qui ne manquent pas d’idées.
MJS absent, FNJ transparent
Bien que Sandra-Elise Réviriego (Jeunes radicaux de gauche) ait aussi parlé au nom du Mouvement des Jeunes Socialistes (MJS), l’absence du représentant socialiste s’est ressentie lors du débat. Par exemple, la question de la légalisation du cannabis a pu être défendue par le Parti radical de gauche alors qu’elle est rejetée par le PS. Rama Sall, secrétaire générale des Jeunes Socialistes, a justifié ce refus de participation à la rencontre par le fait que « nous ne débattons pas avec le FN, nous le combattons ». « C’est un parti raciste, xénophobe avec lequel nous pensons qu’il n’est pas possible d’avoir un débat rationnel » a-t-elle ajouté.
Pour sa part, Julien Rochedy (Front National de la jeunesse) a déclaré devant l’assemblée de Lille 2 qu’il avait « vexé leur président à cause d’un tweet » et que depuis, le MJS ne voulait plus débattre avec le FNJ. Malgré sa présence, Julien Rochedy était plutôt en retrait lors de cette conférence-débat. Après l’explication de quelques propositions du FN, le président des Jeunes avec Marine n’est quasiment plus intervenu. Il a d’ailleurs à peine réagit aux différentes réflexions et critiques lancées par l’assistance. Un FN présent donc mais plus discret qu’à son habitude.
Source : http://www.francetv.fr/2012/blog/la-campagne-vue-du-nord/les-jeunes-entrent-en-campagne-102191
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