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Intervention de Nicolas SARKOZY sur l'emploi des jeunes du 24 avril 2009 : « Un plan inadapté et à contre temps face à l'urgence à traiter le problème de l'emploi des jeunes en France »
I) Contexte
- La crise économique actuelle est un facteur important de déstabilisation de la génération des 16-30 ans, notamment pour ceux qui sont en formation, en insertion professionnelle ou au chômage. Toutefois, de nombreux problèmes la concernant existaient bien avant la crise. Pour n'en citer qu'un, depuis 30 ans en France, le chômage des jeunes est plus de 2 fois supérieur au chômage de l'ensemble de la population active. Actuellement, les moins de 25 ans sont les plus touchés par la montée du chômage. Le nombre de demandeurs d'emploi sans aucune occupation professionnelle (catégorie A) dans cette tranche d'âge progresse de 5,1% en février et de 32% sur un an, quand les 25-49 ans augmentent de 3,3% sur le mois et de 17,1% sur l'année.
Une des raisons est qu'en période de crise économique et sociale, le marché de l'intérim est en berne, ce qui expose plus particulièrement les plus jeunes. Ainsi, la contraction du marché de l'emploi au 4e trimestre 2008 a entraîné la suppression potentielle de 30 000 à 50 000 emplois occupés par des actifs de moins de 25 ans.
- Pour les JRG, s'interroger et défendre les chances d'insertion de la jeunesse, ce n'est certainement pas la posture conservatrice de la défense d'une classe d'âge spécifique qui serait en compétition avec d'autres afin d'obtenir des droits ou encore un statut. C'est une urgence sociale s'exprimant dans le cadre de l'intérêt général.
II) Face à ces orientations, les propositions des Jeunes Radicaux de Gauche
Les premières annonces relatives au Plan que présentera le Président de la République le 24 avril 2009 portent sur l'apprentissage, les formations en alternance, la création de 50 000 emplois aidés CIE (300 millions €) et la mise en place d'un service civique volontaire. Les Jeunes Radicaux de Gauche remettent en question la démarche et les orientations retenues.
1) Ce Plan arrive à contre temps. Les effets de la crise frappent de plein fouet la jeunesse française depuis plus de 6 mois et le traitement social du chômage des jeunes n'a jamais été une priorité gouvernementale.
Au-delà, la méthode employée montre une nouvelle fois un manque de concertation et une désorganisation totale de l'action du chef de l'Etat.
En effet, le Haut commissaire aux Solidarités actives et à la Jeunesse Martin HIRSCH anime actuellement une commission de concertation pour refonder la politique de la jeunesse. Les JRG se demandent à quoi peut-elle servir ? De plus, une mission sénatoriale sur les politiques en faveur de la jeunesse doit également rendre ses conclusions courant mai. Une nouvelle fois, le Président passe en force de manière unilatérale et empêche toute forme de dialogue et de concertation.
2) Les JRG estiment partielle, insuffisante et idéologique l'idée consistant à mettre l'essentiel des marges budgétaires d'un tel plan sur des emplois aidés. Même si ces emplois aidés sont nécessaires, il y a urgence à investir dans l'avenir, à inciter à la création d'emplois pérennes et à veiller à ce que le droit du travail soit appliqué.
Les jeunes sont les premières victimes de la diminution des emplois en intérim et des CDD. Il y a nécessité à agir sur ces postes, et urgence à renoncer à la défiscalisation des heures supplémentaires.
3) Les JRG souhaitent des exonérations de charges pour un 1er emploi ou en cas de situation particulière. Ils proposent que les entreprises qui engagent des jeunes de moins de 25 ans dans le cadre de leur première expérience (à l'issue de leur formation initiale ou après une période de chômage d'au moins 4 mois) soient favorisées par l'exonération totale de charges correspondantes pendant deux ans. Ceci, dans la limite d'un salaire égal à 1,3 fois le SMIC.
Une sortie dégressive de la période d'exonération complète doit ensuite être organisée.
4) Les JRG rappellent qu'ils sont favorables à la mise en place d'un Service civique obligatoire et non pas à un Service civique volontaire.
En effet, dans une optique ambitieuse de réciprocité mais aussi d'exigence Républicaine, il y a nécessité à instaurer un véritable Service civil qui serait destiné à l'ensemble des jeunes. Il devra durer au moins 6 mois et pourra aboutir à une validation des acquis.
5) Les JRG défendent l'encadrement, le suivi et la gratification décente (18 % du plafond horaire de la sécurité sociale soit environ 600 € par mois) des stages durant un minimum deux mois. Un tiers de la gratification serait subventionnée par l'Etat. Il convient également d'assurer au mieux la couverture sociale des stagiaires.
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