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Les Radicaux de Gauche ont la clé du scrutin

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On en parle - Institutions - Constitutions
Vendredi, 18 Juillet 2008 17:53

bayletTraditionnel allié du PS, le PRG a décidé de s'en démarquer et appelle à voter oui à la révision de la Constitution, lundi à Versailles. Avec leurs dix-huit parlementaires, les radicaux de gauche peuvent faire la décision.

LA RÉFORME des institutions, même si elle n'est pas adoptée lundi, aura au moins permis un exploit : celui de placer les radicaux de gauche (PRG), pendant quelques jours, au coeur de la vie politique française !

La règle des trois cinquièmes pour le Congrès et les défaillances au sein de l'UMP font des sept sénateurs et onze députés PRG et apparentés la clé d'un scrutin qui se jouera à quelques voix près. Ce qui n'était pas arrivé depuis dix ans. Comme pour marquer ce jour historique, les parlementaires radicaux de gauche déjeuneront ensemble dans un restaurant versaillais avant d'aller voter.

« Baylet est entré dans la logique du marchandage »

C'est bien malgré lui cependant que le PRG se retrouve en position charnière. « Et on n'a pas fini de le payer », prédit l'un de ses membres. Car contre toute attente, et alors que le reste de la gauche votera non, Jean-Michel Baylet, président du parti, a prévenu hier que les parlementaires PRG voteraient « en grande majorité » la réforme. « Par conviction », assure-t-il. « Ça fait cinquante ans que la gauche dans son ensemble combat cette Constitution faite pour mettre au pas un Parlement croupion, argue Baylet. Mon propre père, Jean Baylet, l'a combattue. » « Ce n'est nullement un ralliement à Nicolas Sarkozy », précise le sénateur du Tarn-et-Garonne, dont le parti « restera dans l'opposition » lundi soir.

Un argumentaire terni par les déclarations de Nicolas Sarkozy mercredi, qui propose l'abaissement à quinze du seuil de formation d'un groupe parlementaire. Répondant ainsi à une vieille revendication du PRG. « Je n'ai pas négocié, mais il y a des gens aussi dans la majorité qui savent faire de la politique et qui ont considéré que c'était opportun », explique Baylet. « L'abaissement à quinze, c'est un argument fort en interne, confirme un élu PRG. Baylet a senti que Sarkozy avait besoin de nos voix, il est entré dans la logique du marchandage. »

La récente nomination de l'ancien président du PRG, Jean-François Hory, au Conseil d'Etat n'aurait en revanche aucun lien avec le vote positif au Congrès. « C'était dans les tuyaux depuis longtemps », assure-t-on au PRG. La concomitance est en tout cas fortement soulignée par les socialistes, furieux de voir leurs alliés se démarquer d'eux. Baylet répond qu'il a « signé un accord » avec Jean-Marc Ayrault et François Hollande en début de législature, prévoyant la « liberté de vote » des radicaux de gauche. Et rappelle, regardant vers la rue de Solferino, qu'il « n'y a pas de ministre issu du PRG, alors que nous avons été sollicités comme les autres ». Ambiance.

« A cause de la sortie de Sarkozy sur l'abaissement du seuil, les socialistes nous collent l'image de traîtres et de vendus, regrette un cadre du PRG, alors qu'il y a deux mois ils voulaient voter la réforme ! » Reste que les radicaux de gauche sont divisés : trois députés, dont Christiane Taubira, et un sénateur (dont le siège est renouvelable en septembre) voteront non. Ce qui apporte de l'eau au moulin de Baylet : « Nous, nous ne sommes pas caporalisés ! »

Source : Le Parisien

 

 



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