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Les déséquilibres alimentaires sont un des enjeux cruciaux des décennies à venir. Ils accroissent les risques d'obésité, de diabète, et de cancer, et altèrent ainsi le bien vivre des Français, tout en pesant lourdement sur les comptes de l'assurance maladie. En ce sens, les propositions du rapport de l'Igas et de l'IGF visant à accentuer la fiscalité sur les produits trop gras, trop salés ou trop sucrés, sont à considérer avec la plus grande attention. Elles risquent toutefois de venir compléter les tombereaux de fausses bonnes idées.
Rappelons que les questions nutritionnelles ne peuvent être abordées sans une lecture sociale. Les déséquilibres alimentaires affectent en premier lieu les classes populaires. Les enfants atteints d'obésité et de surpoids sont deux fois plus nombreux dans les quartiers défavorisés, que dans le reste de la population. Dans un contexte d'affaiblissement du pouvoir d'achat, une mesure de taxation risque de grever les budgets de famille déjà en difficulté, sans nécessairement ré-orienter leurs choix alimentaires. Car on choisit les produits alimentaires selon de multiples facteurs, parmi lesquels la culture alimentaire et le mode de vie sont au premier plan. Les pizzas, les chips, les pâtisseries sont avant tout des produits plaisir, en phase avec le phénomène de déstructuration des repas. On mange de plus en plus seul, de plus en plus vite. Augmenter le prix de ces produits sans intervenir sur ce phénomène de fond ne diminuera donc pas leur attractivité. Le problème n'est donc pas tant la question du prix de ces produits, que celle de l'éducation nutritionnelle qu'il faut associer à celle de l'attractivité des fruits et légumes. Il est essentiel qu'un effort supplémentaire soit porté sur des actions d'apprentissage de la cuisine, particulièrement dans les quartiers populaires. Ré-apprendre le savoir-faire culinaire élémentaire c'est déjà effectuer un grand pas vers l'équilibre alimentaire. Enfin, le prix (réel et perçu) des fruits et légumes est trop élevé. Plutôt que des malus sur des produits mis à l'amende, pourquoi ne pas envisager plutôt des bonus sur des fruits et légumes, acteurs essentiels de l'équilibre alimentaire ?
Selon une étude du Credoc, la génération 1977-1986 consomme quatre fois moins de fruits frais que la génération 1937-1946. A vingt ans, ils ne dépensent que 100 € par an en fruits frais. C'est deux fois moins que leurs parents au même âge. Sans des actions fortes et immédiates, nous pouvons nous préparer à des lendemains difficiles.
Pierre Christen Conseiller municipal JRG de Rennes, délégué au Sport et à la Nutrition-Santé
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